La Direction de l’Électricité de Guinée (EDG) a animé, le jeudi 22 janvier, une conférence-débat à l’Université Mercure International (UMI) de Conakry, autour du thème : « Fraude et vol d’électricité : enjeux juridiques, économiques et sociaux ». La rencontre a mobilisé plus d’une centaine d’étudiants.
Cette initiative était conduite par la Direction des affaires juridiques et du contentieux d’EDG, en collaboration avec le département de la communication.

Elle a réuni plusieurs cadres de l’entreprise publique, dont le directeur des affaires juridiques et du contentieux, Dr Yaovi Afadodan, le responsable de la communication, Naby Laye Camara, ainsi que des juristes et responsables techniques.
L’objectif principal de cette conférence était d’informer et de sensibiliser les étudiants sur le cadre juridique régissant le secteur de l’électricité en Guinée, tout en mettant en lumière les mécanismes de prévention et de lutte contre le vol du courant électrique.
Dans son exposé, Dr Yaovi Afadodan a rappelé que la fraude et le vol d’électricité constituent un phénomène préoccupant aux conséquences multiples, tant sur le plan financier que sur la qualité du service public.
« EDG est une société publique investie d’une mission de service essentiel. Toute atteinte à ses installations ou à son énergie se répercute directement sur l’ensemble de la population », a-t-il souligné, appelant à une prise de conscience collective.
Il a, par ailleurs, exhorté les étudiants à s’impliquer activement dans la protection du réseau électrique national, insistant sur le rôle de la jeunesse dans la promotion du civisme et du respect des biens publics.
Pour sa part, Boubacar Bah, juriste à la direction des affaires juridiques et du contentieux, a apporté des éclairages sur le statut juridique de l’Électricité de Guinée.
Il a précisé qu’EDG n’est pas une administration centrale, mais une société publique soumise à la fois aux règles du droit public et du droit privé.
Selon lui, l’objet social de l’EDG couvre la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’électricité, des activités strictement encadrées par plusieurs textes législatifs et réglementaires, notamment le Code pénal, les lois sectorielles sur l’électricité et le règlement de service.
« Le vol d’électricité est juridiquement assimilé au vol pénal, au même titre que le vol de biens matériels. La loi sanctionne clairement les fraudes sur l’eau et l’électricité, souvent banalisées dans la société », a-t-il expliqué.
M. Bah a également dressé la liste des principales pratiques constitutives de fraude, parmi lesquelles les branchements clandestins, le rétablissement du courant après coupure sans autorisation, le contournement ou la manipulation des compteurs, la revente illégale d’électricité à des tiers ou encore l’utilisation d’un abonnement domestique à des fins commerciales.
Abordant l’impact économique de ces pratiques, le contrôleur de gestion d’EDG, Mory Touré, a indiqué que les pertes financières liées à la fraude représentent des montants considérables pour l’entreprise.
« Ces ressources perdues auraient pu servir à renforcer le réseau, entretenir les infrastructures et étendre l’accès à l’électricité », a-t-il déploré, soulignant que ces pratiques fragilisent l’équilibre financier de l’EDG et affectent la continuité du service.
Pour faire face à ce fléau, il a préconisé plusieurs mesures, notamment la pose de compteurs conformes, le renforcement des opérations de contrôle, la lutte accrue contre la fraude et la sensibilisation continue des populations.
De son côté, le responsable de la communication de l’EDG, Naby Laye Camara, a insisté sur l’importance de l’information et de l’éducation des usagers à une utilisation responsable de l’électricité.

Il a notamment mis en garde contre le sous-abonnement, une pratique courante consistant à consommer une puissance supérieure à celle déclarée.
M. Camara a également dénoncé les actes de corruption, précisant que toute manipulation de factures impliquant un agent de l’EDG constitue une infraction grave, engageant aussi bien la responsabilité de l’usager que celle du personnel concerné.
Il a, enfin, rappelé les dangers du vol d’électricité, notamment les risques d’incendie et d’électrocution, susceptibles d’entraîner des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.
Au terme de la rencontre, les responsables de l’EDG ont lancé un appel à la responsabilité citoyenne, rappelant que l’électricité est un bien public dont la préservation conditionne le développement économique et social du pays.
À travers cette démarche de proximité avec le milieu universitaire, l’entreprise entend renforcer la lutte contre la fraude en misant sur la sensibilisation, l’éducation et l’engagement des jeunes générations.
Florienne Boré

